3. Le Nouveau Testament

"La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité".
L'Injil de Jésus le Messie (Jean 1:14).

L'Evangile (Injil) de Jésus le Messie est la vérité centrale du Nouveau Testament. Le mot Evangile ou Injil signifie "bonne nouvelle". Le Nouveau Testament annonce la Bonne Nouvelle de la venue du Messie dont avaient parlé les prophètes. C'est pourquoi le Nouveau Testament est l' accomplissement de l'Ancien Testament. L'Ancien Testament contient la promesse de la venue du Messie. Dans le Nouveau Testament, selon la promesse qui a été faite, Dieu se révèle de manière plus complète à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus le Messie.

Notre étude du Nouveau Testament comprend une description de la manière dont l'Ecriture sainte a été formée, et un examen des preuves qui permettent de croire à l'authenticité du Nouveau Testament. Il nous faut d'abord parler des hommes de Dieu, auteurs des Saintes Ecritures.

LES ÉCRITS APOSTOLIQUES

Dès le début de son ministère, Jésus le Messie prit douze disciples comme proches collaborateurs (Matthieu 10:1-4). L'un des douze, Judas l'Iscariot, trahit Jésus, mais les onze autres furent appelés par Dieu à devenir apôtres (rassoul). Plus tard, après sa mort et sa résurrection, le Messie apparut à Paul. Dieu le choisit aussi comme apôtre. Dieu a appelé d'autres hommes à devenir apôtres, mais les plus connus sont : l'apôtre Paul et les onze disciples fidèles (Simon Pierre, Jean, Jacques fils de Zébédée, André, Philippe, Barthélemy, Thomas, Matthieu, Jacques fils d'Alphée, Thaddée et Simon le Cananite). Après la mort et la résurrection de Jésus le Messie, les apôtres poursuivirent l' oeuvre qu' il avait commencée.

Les apôtres avaient connu le Messie. Ils avaient partagé sa vie et entendu ses enseignements; ils avaient été témoins de sa crucifixion et de sa glorieuse résurrection.

L' apôtre Jean a écrit :

"Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la Parole de vie, - et la vie a été manifestée, nous l'avons vue, nous en rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, - ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi" (1 Jean 1:1-3).

Les apôtres sont des témoins dignes de foi! C'est pourquoi l'Eglise se fonde sur leur connaissance du Messie et de ses enseignements. Elle reconnaît que ce que les apôtres ont écrit au sujet de Jésus le Messie est parole de Dieu. Le Nouveau Testament se compose de ces écrits apostoliques.

Dans l'histoire de l'Eglise, il vint un temps où il fallut choisir les livres à inclure dans le Nouveau Testament : à cet effet, il était important d'établir l'autorité divine des écrits des apôtres qui avaient connu le Messie.

LA RÉDACTION DU NOUVEAU TESTAMENT

L'étude des dates auxquelles les différents livres du Nouveau Testament ont été écrits est l'un des aspects les plus intéressants de la science biblique.

On a affirmé récemment qu' il était peu probable qu'aucun des livres du Nouveau Testament ait été écrit après l'année 70 ap. J-C. En cette année-là, l'armée romaine, sous la conduite de Titus, détruisit le Temple de Jérusalem. Cet événement d' une très grande importance n'est mentionné dans aucun des livres du Nouveau Testament, sauf dans des passages où Jésus prédit la destruction du Temple. Jésus avait prophétisé que le Temple serait détruit environ 40 ans avant que cela n'ait lieu. Si cette prophétie avait été consignée après la destruction du Temple, ceux qui l'ont rapportée n'auraient probablement pas manqué de mentionner qu'un tel désastre était la preuve que Jésus était capable de prédire l'avenir. Mais la façon même dont la prophétie est rédigée montre qu'elle a été écrite avant la destruction du Temple en 70 ap. J-C.

Une récente découverte archéologique donne d'utiles indications sur la date de rédaction d'une bonne partie du Nouveau Testament. Lors de fouilles archéologiques, on a découvert un fragment de poterie près de la ville de Corinthe en Grèce, sur lequel il est écrit que le gouverneur romain, Gallion, arriva à Corinthe dans le courant de l'été en 51 ap. J-C. Dans le livre des Actes du Nouveau Testament, on lit que Paul se trouvait à Corinthe au temps de Gallion (Actes 18:12-17). Donc, ce fragment de poterie a permis aux savants d' assigner une date précise à plusieurs événements du temps de l'Eglise primitive, ainsi qu'à la rédaction de plusieurs livres du Nouveau Testament, car on sait maintenant que l'incident rapporté en Actes 18:12-17 eut lieu en 51 ap. J-C. A partir de cette date, on peut connaître d'une manière assez précise les dates d'autres événements. D'autres éléments permettent de dater les écrits du Nouveau Testament, mais les points de repère les plus importants sont :

(1) La destruction du Temple de Jérusalem en 70 ap. J-C, qui semble avoir eu lieu après la rédaction du Nouveau Testament.

(2) Le fragment de poterie découvert près de Corinthe, qui révèle la date de la visite de Paul à Corinthe et, par conséquent, constitue une importante indication pour l'étude chronologique du Nouveau Testament. Ces deux éléments nous portent à croire que tous les livres du Nouveau Testament ont été écrits du vivant d'un bon nombre des apôtres (rassoul) qui avaient aussi été des disciples de Jésus le Messie.

Quelques-uns des apôtres sont morts, de mort naturelle ou en martyrs, avant la destruction du Temple. Par exemple, l'apôtre Jacques a été mis à mort en 43 ap. J-C. Mais plusieurs apôtres ont vécu assez longtemps après la résurrection du Messie. Ils ont eu le temps d'enseigner et de rédiger l'Evangile (Injil) sous l' inspiration de Dieu.

LA FORMATION DU NOUVEAU TESTAMENT

Très tôt, un problème s'est présenté à l'Eglise, qui l'a obligée à prendre certaines décisions à propos des Ecritures du Nouveau Testament : on s'était mis à faire circuler parmi les croyants des livres et des lettres sur la vie et l'enseignement du Messie. Beaucoup de ces écrits n'avaient pas été rédigés par les apôtres, certains étaient même légendaires. D'autres inventaient d'intéressantes histoires sur Jésus et en rajoutaient à son enseignement. Une nouvelle philosophie, appelée gnosticisme, prétendait par exemple qu'on parvenait au salut par le moyen d'une connaissance cachée. Elle enseignait que le Messie n'était pas vraiment un homme, mais une illusion, une sorte d'ange apparu pour un temps, puis disparu au moment de la crucifixion. Ce problème a contraint l'Eglise à déterminer quels écrits devaient faire partie du Nouveau Testament. Les chrétiens croient que le Saint-Esprit de Dieu a conduit l'Eglise primitive dans la vérité comme Jésus le Messie l'a promis : "Mais le Consolateur, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, c'est lui qui vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit" (Jean 14:26). Pour déterminer les livres et les épîtres à inclure dans le Nouveau Testament, il fallait tenir compte de trois principes :

(1) L'écrit venait-il d'un apôtre de Dieu, disciple de Jésus le Messie, ou d' un collaborateur d'un apôtre ?

(2) L'écrit était-il en accord avec la vie, l'enseignement et l'expérience de l'Eglise fondée par les apôtres de Dieu, disciples de Jésus le Messie ?

(3) L'écrit manifestait-il l'autorité de Dieu ?

Ces trois critères de vérification de l'inspiration d'un écrit, ont permis à l'Eglise dans son ensemble, d'arriver à un accord sur les livres à inclure dans le Nouveau Testament. En réalité, tout ce que l'Eglise avait à faire, c'était de reconnaître officiellement des Ecritures déjà largement acceptées par la communauté chrétienne. La liste officiellement adoptée est composée de livres et de lettres que les chrétiens employaient déjà couramment comme la parole de Dieu. Ce travail de sélection ne prit fin que vers 200 ap. J-C. La décision de rassembler ces Ecritures pour former le Nouveau Testament semble avoir été accueillie avec joie par les premiers chrétiens. Bien qu'on ne soit parvenu à une décision finale sur la liste officielle des livres que vers 200 ap. J-C, il ne faut pas perdre de vue que tous les écrits du Nouveau Testament ont été rédigés bien avant cette date par les apôtres ou leurs proches collaborateurs. Nous avons déjà noté que certaines portions du Nouveau Testament ont été écrites presque aussitôt après la mort et la résurrection du Messie, et que le tout a été achevé alors qu'un certain nombre des apôtres qui avaient vécu et travaillé avec Jésus le Messie étaient encore en vie.

L'EVANGILE (INJIL)

Nous avons déjà dit que l'Evangile (Injil) est la vérité centrale du Nouveau Testament. L'Injil c'est Jésus le Messie ; c'est la vie, les enseignements, la mort et la résurrection du Messie.

* Le Coran dit de l'Evangile qu'il "contient la lumière et la direction" Sourate 5, verset 50(K).

L'Injil ne contient pas seulement l'enseignement du Messie, mais aussi sa vie, ses actes, sa mort, sa résurrection, car Dieu a révélé que le Messie lui-même est la Parole vivante et éternelle de Dieu. Par conséquent, les paroles que le Messie a prononcées aussi bien que ses actions constituent le contenu de l'Injil.

Les Saintes Ecritures qu'on appelle l'Injil se composent de quatre livres écrits chacun par un fidèle disciple de Jésus. Ces livres, qui sont des témoignages à Jésus le Messie, sont appelés "évangiles".

Le premier évangile a été écrit par Matthieu. Il a été apôtre et disciple de Jésus le Messie et rapporte sa vie et ses enseignements. II insiste beaucoup sur le fait que Jésus le Messie est venu accomplir les promesses que Dieu avait faites par la bouche des prophètes de l'Ancien Testament. En Matthieu 5:17, on lit que le Messie a dit :

"Ne pensez pas que je sois venu abolir la loi ou les prophètes. Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir."

Le second évangile a été écrit par Marc. La tradition dit que Marc était le compagnon de l'apôtre Pierre qui, lui-même, était l'un des disciples qui avaient collaboré très étroitement à l'oeuvre du Messie pendant son ministère terrestre. Nous croyons que Marc a écrit le récit de l'Evangile sous la direction de l'apôtre Pierre et sous l'inspiration du Saint-Esprit.

Le troisième évangile a été écrit par Luc. Luc était médecin. Il a souvent accompagné l'apôtre Paul dans ses voyages et pris une part active à son ministère. Il a jugé nécessaire de présenter l'Evangile en attachant beaucoup d' importance aux détails historiques. Il a consulté Paul pendant qu' il écrivait son évangile. Pour expliquer le but de son ouvrage, Luc déclare : "Il m'a semblé bon à moi, après avoir tout recherché exactement depuis les origines, de te l'exposer par écrit d'une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus" (Luc 1:3-4). Sous la direction et l' inspiration de Dieu, Luc a, sans contredit, atteint son but. Il semble qu' il ait pris soin de se renseigner auprès des personnes qui avaient été proches de Jésus le Messie, y compris auprès de la propre mère de Jésus, la Vierge Marie. L'archéologie et des études récentes ont établi que Luc fut un historien de valeur.

Le quatrième évangile est celui de Jean. L'apôtre Jean était très lié au Messie. On l'appelle parfois "le disciple que Jésus aimait". Il a saisi le fond de la pensée du Messie et, par la puissance de Dieu, a pu comprendre toute l'importance de la venue du Messie.

Les trois premiers évangiles se ressemblent en plusieurs points ; c'est pourquoi on les appelle les évangiles synoptiques. Néanmoins, les quatre auteurs de l'Evangile (Injil) : Matthieu, Marc, Luc et Jean, témoignent de la gloire et de la mission universelle de Jésus le Messie. Chaque auteur donne une description approfondie de la personne de Jésus. Tous ont écrit afin que nous sachions avec certitude que le Messie est la parole éternelle de Dieu et qu'en lui, nous avons le salut éternel. L'Injil rédigé par Jean dit que les Ecritures ont été écrites "...afin que vous croyiez que Jésus est le Christ (Messie), le Fils de Dieu,+ et qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom" (Jean 20:31 ).

+Le titre "Fils de Dieu" est l'un des noms que Dieu donne au Messie dans l'Injil. Il indique une parfaite harmonie entre le Messie et Dieu, et que Dieu a choisi de se révéler dans toute sa plénitude par le Messie. Le Messie est la parole vivante de Dieu.

LES ACTES ET LES EPITRES

Le cinquième livre du Nouveau Testament c'est le livre des "Actes des Apôtres." Il raconte l'histoire de l'Eglise primitive. Ce livre parle du jour de la Pentecôte qui a marqué le commencement de l'Eglise. Le livre des Actes décrit aussi d' importants aspects de l'histoire de l'Eglise au cours de ses trente premières années. Luc en est l'auteur. On y retrouve le souci du détail qui caractérise le troisième récit de l'Injil rédigé par Luc. Ce livre ne relate pas seulement l'histoire passionnante de l'Eglise apostolique à ses débuts ; il fait aussi connaître l'oeuvre sanctifiante accomplie par le Messie ressuscité dans l'Eglise. Un certain nombre de messages prononcés par les apôtres sont rapportés dans les Actes. Ces messages révèlent le sens profond de la vie, la mort et la résurrection de Jésus le Messie.

Le reste du Nouveau Testament se compose de lettres et d'enseignements rédigés par !es apôtres ou par leurs proches collaborateurs. Quelques-unes de ces lettres étaient adressées à des églises particulières. Par exemple, l'épître aux Ephésiens a été écrite par l'apôtre Paul à l'Eglise d'Ephèse en Asie Mineure. L' épître aux Hébreux présente le Messie comme le glorieux accomplissement de l'Ancien Testament. Une autre lettre, écrite par Jacques, décrit la façon dont le chrétien doit vivre. Jacques était membre de la famille de Jésus et dirigeait l'Eglise à Jérusalem. Toutes les lettres donnent des instructions sur des questions doctrinales et pratiques.

D'autres lettres étaient destinées aux responsables des églises pour les instruire dans la manière dont ils devaient eux-mêmes se conduire. Par exemple, deux lettres sont écrites par l'apôtre Paul à un jeune dirigeant, Timothée, dans lesquelles il lui donne des conseils sur la manière de conduire les chrétiens dont il a la charge. Une autre lettre est adressée à Philémon; il s' agit d' un très court document rédigé par Paul, dans lequel l'apôtre demande au maître d'un esclave d'aimer son esclave et de le traiter comme son propre frère. Il est bien probable que le maître ait affranchi son esclave après avoir reçu cette lettre d' un apôtre de Dieu!

Les lettres ou épîtres sont les suivantes : Les épîtres de Paul : l'épître aux Romains, les deux épîtres aux Corinthiens, l'épître aux Galates, l'épître aux Ephésiens, l'épître aux Philippiens, les deux épîtres aux Thessaloniciens, les deux épîtres à Timothée et celle à Tite ; l'épître aux Hébreux ; l'épître de Jacques ; les deux épîtres de Pierre les trois épîtres de Jean et celle de Jude.

L'Apocalypse est le dernier livre du Nouveau Testament. Ce recueil d'enseignements dépeint la glorieuse scène de la bataille que les forces du mal livrent à l'Eglise, et le triomphe final de Jésus, le Messie glorifié, lors de son second avènement.

L'Eglise a mis ces lettres et ces livres au rang des Ecritures inspirées. Les croyants les ont souvent lus et les ont conservés très soigneusement.

L'INSPIRATION DIVINE

I1 a été déjà dit que le Nouveau Testament a été écrit par les apôtres ou leurs collaborateurs. Les apôtres ont connu personnellement Jésus le Messie. Les informations de seconde main ne sont jamais aussi justes que celles de première main. Il est bien évident que les apôtres qui avaient vécu avec Jésus possédaient des informations de première main. Les apôtres avaient aussi été disciples de Jésus, ils avaient vécu et travaillé avec ce dernier. Les Ecritures du Nouveau Testament que ces saints apôtres, poussés par Dieu, ont écrites, sont fondées sur ce que les apôtres ont entendu et vu pendant le temps qu' ils ont passé avec Jésus. Nous croyons que le témoignage de ces apôtres de Dieu est vrai.

Une autre raison de faire confiance au Nouveau Testament est donnée par les preuves de l'archéologie, les écrits et les récits de personnes qui ont vécu du temps de Jésus. Ainsi, par exemple, "L'Histoire du peuple Juif" de Flavius Josèphe, écrite à la rnéme époque que le Nouveau Testament. En comparant les données historiques du Nouveau Testament et les informations de sources indépendantes du Nouveau Testament, les spécialistes peuvent vérifier la crédibilité des récits du Nouveau Testament. C'est ainsi que les savants ont découvert que les données culturelles, historiques et géographiques du Nouveau Testament sont justes.

La négligence n'était pas le propre des écrivains du Nouveau Testament. Malgre la situation politique complexe de l'époque, ils ont rapporté les événements avec une étonnante exactitude. Ils n'ont fait aucune erreur à propos des différents titres des chefs politiques, comme roi, proconsul, souverain sacrificateur, gouverneur, tribun, Asiarque. Les données géographiques comme les noms de lieux ou de rue, les descriptions topographiques et les conditions climatiques, sont exactes. Si les écrivains ont pris soin de ne pas faire d'erreur dans les détails, il est peu probable qu' ils aient été moins stricts en rapportant des vérités plus importantes telles que les miracles de Jésus le Messie, son enseignement, sa crucifixion, sa résurrection et les événements de la Pentecôte.

Une troisième et très importante raison pour laquelle le chrétien se fie au Nouveau Testament, c'est sa foi en Dieu lui-même. Jésus était absolument certain que ses enseignements étaient la Parole éternelle de Dieu, Il a dit : "Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point" (Matthieu 24:35). Les apôtres de Dieu qui ont consigné les paroles du Messie et à qui Dieu a révélé le sens de la vie, la mort et la résurrection de Jésus le Messie, étaient aussi persuadés qu'ils annonçaient la parole révélée de Dieu.

L'apôtre Paul a écrit : "Ce que l'oeil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, et ce qui n'est pas monté au coeur de l' homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. A nous, Dieu nous l'a révélé par l'Esprit" (1 Corinthiens 2:9,10). Il a aussi écrit qu'il a reçu ses enseignements "du Seigneur" (1 Corinthiens 11:23). Et encore : "Mais si nous-mêmes, ou si un ange du ciel nous annonçait un evangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu' il soit anathème (maudit)! (Galates 1:8).

L'apôtre Pierre dit des premiers écrits du Nouveau Testament qu' ils sont la Bonne Nouvelle prêchée par le Saint-Esprit envoyé du ciel, dans laquelle les anges désirent plonger leurs regards (1 Pierre 1:12). Ce verset semble dire que Dieu a révélé dans le Nouveau Testament plus que n'en savent les anges!

Dans le dernier chapitre du Nouveau Testament, il est écrit : "Je l'atteste à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute, Dieu ajoutera à son sort les plaies décrites dans ce livre ; et si quelqu'un retranche des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre" (Apocalypse 22:18-19). Ce sévère avertissement situé à la fin du Nouveau Testament a été pris très au sérieux par l'Eglise primitive. L'Eglise sait que c'est pécher contre Dieu que de modifier sa parole. Tous les écrits du Nouveau Testament doivent être respectés et acceptés comme la parole de Dieu révélée en Jésus le Messie et rapportée par les apôtres de Dieu sous l'inspiration divine.

LES MANUSCRITS ANCIENS

Le Nouveau Testament a été écrit en grec. Le Nouveau Testament grec contemporain est-il une transcription fidèle des écrits originaux ? Peut-on se fier au Nouveau Testament grec sur lequel les savants basent leurs traductions ? Le Nouveau Testament grec qui a servi aux traductions en arabe, swahili, anglais ou français, est-il une copie exacte des manuscrits grecs originaux rédigés sous l'inspiration de Dieu ?

Les savants ont à leur disposition plus de manuscrits grecs du Nouveau Testament qu' il n'en faut, On a pu compter plus de 5000 manuscrits anciens : 81 papyrus, 25 fragments de poterie, 250 manuscrits en onciales (manuscrits rédigés en lettres majuscules). Tous ces documents datent d'avant le l0ème siècle ap. J-C. Du l0ème au l5ème siècle, sont venus s'ajouter à ce nombre près de 2000 manuscrits en cursives (manuscrits grecs écrits en lettres minuscules tracées à main courante) et 3000 lectionnaires (destinés à être lus pendant le culte). Au moins 50 de ces manuscrits anciens sont complets et tout à fait lisibles!

Les savants possèdent une quantité énorme de documents mais ne sont pas satisfaits pour autant. Ils recherchent les manuscrits les plus anciens pour s'assurer de l'authenticité du texte grec. A cet égard, le travail a été considérablement facilité par une extraordinaire découverte faite en Egypte lors de fouilles archéologiques commencées en 1897 près d'Oxyrhynchos.

En creusant, un ouvrier heurta accidentellement un crocodile momifié qui se brisa. Au grand étonnement de tous, la momie était creuse et contenait de vieux papiers (morceaux de papyrus portant des écritures). La momie renfermait des centaines de documents, les uns rédigés avant l'époque de Jésus le Messie, les autres après le début de l'ère chrétienne. Il y avait plus de 75 fragments de manuscrits du Nouveau Testament, le plus important étant une portion de l'Evangile (Injil) selon l'apôtre Jean, datant d'environ 135 ap. J-C. C'est la plus ancienne portion du Nouveau Testament jamais découverte ; elle est conservée aujourd'hui à la Bibliothèque John Ryland à Manchester en Angleterre.

L'incident du crocodile n'est pas le seul fait remarquable qui ait conduit à la découverte d'anciens manuscrits bibliques : souvenez-vous des rouleaux de la mer Morte! Bien des fois, les savants ont vu s'enrichir leur documentation sur le texte du Nouveau Testament à la suite de surprenantes découvertes semblables à celle-ci.

Autre exemple de découverte providentielle : celle des manuscrits du Sinaïticus par C. Tischendorf. Ce grand savant allemand du l9ème siècle passa sa vie à rechercher et à analyser les anciens manuscrits bibliques. Il fit plusieurs voyages au Moyen-Orient où se trouvent les églises et les monastères les plus anciens du monde. C'est au mont Sinaï; dans le désert, que Tischendorf fit sa plus étonnante découverte. Au monastère Sainte Catherine, situé sur le versant de la montagne même où Dieu avait donné les dix commandements à Moïse, Tischendorf remarqua une corbeille contenant de vieux papiers que les moines utilisaient pour allumer leurs feux. Parmi les papiers, il découvrit des textes du Nouveau Testament grec que les moines, qui parlaient le copte, ne pouvaient pas lire. I1 les supplia de ne pas brûler les manuscrits. I1 revint à plusieurs reprises et, finalement, ces moines chrétiens du désert lui permirent d'emporter les documents pour un examen plus minutieux. Cette collection, connue aujourd'hui sous le nom de Codex Sinaïticus, date du 4ème siècle ap. J-C. En 1933, le Codex Sinaïticus fut déposé au British Museum de Londres.

Une portion de l'Injil du Codex Sinaïticus, qui date du 4ème siècle.
Ce texte en grec ancien, la langue que tous les saints hommes de Dieu
ont employée pour écrire les livres du Nouveau Testament. Le plus
ancien fragment de manuscrits de l'Injil selon Jean a près de 1850 ans.

DES ECRITURES DIGNES DE FOI

Le premier Nouveau Testament grec a été imprimé au début du l6ème siècle, peu de temps après l' invention de l'imprimerie. Ce texte avait été établi à partir de manuscrits du llème siècle reproduisant le Texte Byzantin, texte "standard" du Nouveau Testament couramment employé à Constantinople (Turquie) dès 380 ap. J-C. Les spécialistes pensent que le Texte Byzantin provient d'Antioche, en Syrie, centre de l'Eglise apostolique primitive. Il est significatif que le premier texte imprimé du Nouveau Testament grec soit une reproduction des manuscrits utilisés en Turquie et en Syrie 300 ans seulement après la rédaction des originaux.

Néanmoins, les savants tiennent à examiner les écrits antérieurs au Texte Byzantin. Les écrits pré-byzantins sont répartis en 3 catégories :

1) Les textes alexandrins. Les deux principaux manuscrits alexandrins datent du 4ème siècle et sont connus sous les noms de Codex Vaticanus et Codex Sinaïticus (Nous avons déjà parlé de ce dernier à propos de la découverte de Tischendorf au mont Sinaï. On accorde beaucoup de crédit à ces deux manuscrits.

2) Le Texte Occidental adopté par l'Eglise Romaine.

3) Les textes Césaréens originaires de Palestine.

Les savants examinent aussi des anciennes traductions du Nouveau Testament comme la version syriaque du 2ème siècle ou les versions égyptienne et éthiopienne du 4ème siècle. En outre, les citations que l'on retrouve dans les écrits des responsables de l'Eglise primitive (Origène d'Egypte, Tertullien d'Afrique du Nord, Ignace de Palestine, Irénée d'Europe) facilitent la tâche des savants.

Les exégètes modernes font confiance aux manuscrits alexandrins et, dans une moindre mesure, aux textes Occidentaux, Césaréens et Byzantin. La comparaison de ces quatre types de textes permet de mettre en forme un texte du Nouveau Testament grec très proche de l'original. Les savants nous assurent que nous avons aujourd'hui à notre disposition des textes grecs dont l'authenticité est démontrée. Il n'est pas exagéré d'estimer que les risques de diverger du texte original ne sont que de 0,1%! Même si un mot ou une phrase a un sens légèrement différent de l'original, le message de la Bible n'en est pas affecté.

Il faut se rappeler que, jusqu'au 16ème siècle, tous les manuscrits du Nouveau Testament étaient recopiés à la main ; et il est toujours possible de commettre des erreurs en recopiant. C'est pourquoi, quand les savants trouvent que dans le texte grec, un mot ou une phrase n'a pas exactement le même sens que dans les écrits originaux, ils font figurer une annotation en marge du texte grec imprimé pour lui rendre son sens primitif.

La découverte de manuscrits plus anciens implique que les traductions de la Bible soient revues de temps en temps. La plupart des versions modernes sont faites d'après un texte grec désigné sous le nom de Texte d'Erasme, lui-même basé sur le Texte Byzantin. Or, on dispose aujourd'hui de textes antérieurs au Texte Byzantin du 4ème siècle. Comme on pouvait s'y attendre, l'examen de ces écrits a entraîné une petite révision du Texte d' Erasme.

De nos jours, les traducteurs de la Bible se réfèrent au texte grec édité par Eberhart Nestlé, imprimé pour la première fois au début de ce siècle. Ce Nouveau Testament grec est le produit de l'étude récente des textes anciens. II s'inspire dans une large mesure des textes pré-byzantins, plus particulièrement alexandrins, et contient des notes ayant trait aux autres textes anciens pour permettre aux traducteurs de rester aussi près que possible des manuscrits originaux. Dans chaque nouvelle édition du Nouveau Testament grec Nestlé, figurent les dernières découvertes des savants. Le texte du Nouveau Testament grec Nestlé (25ème édition) est, à peu de chose près, identique au texte publié en 1968 par l'Alliance Biblique Universelle.

Nous pouvons donc être certains que le Nouveau Testament grec que nous avons aujourd'hui est une transcription fidèle des Ecritures inspirées par Dieu à ses apôtres.

QUESTIONS

1. Quel a été le rôle des apôtres dans la rédaction des Ecritures du Nouveau Testament ?

2. Qu'est-ce que l'Evangile (Injil)?

3. Qu'est-ce que les Epîtres ?

4. Comment l'Eglise primitive a-t-elle décidé qu'un livre ou une lettre était inspiré de Dieu ?

5. Pourquoi les anciens manuscrits du Nouveau Testament sont-ils importants ?

 


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